Le premier à reconnaître un certain nombre de ce qu'il appelait des passions fut Évagre le Pontique, moine mort dans le désert égyptien en 399, qui s'est inspiré de listes moins formalisée d'Origène : Évagre identifia huit passions ou pensées mauvaises (logismoi en grec) et estimait que tous les comportements impropres trouvaient leur origine dans une ou plusieurs de celles-ci :
Gula (gourmandise)
Fornicatio (fornication)
Avaritia (avarice)
Tristitia (tristesse)
Ira (colère)
Acedia (acédie)
Vanagloria (vaine gloire)
Superbia (orgueil)
Cette liste a été revue par Jean Cassien au Ve siècle, puis par le pape Grégoire le Grand (vers 590), avant d'être définitivement fixée par Thomas d'Aquin au XIIIe siècle.
Les péchés capitaux [modifier]
La liste actuelle a été citée par Thomas d'Aquin dans sa Somme théologique (question 84, Prima secundae) au XIIIe siècle. Il y mentionne que certains d'entre eux ne sont pas en eux-mêmes à proprement parler des péchés, mais plutôt des vices, c'est-à-dire des tendances à commettre certains péchés.
l'acédie (Acedia en latin). Le catéchisme de l'Église catholique définit l'acédie, terme disparu du langage courant, comme « une forme de dépression due au relâchement de l'ascèse ». Il s'agit en effet de paresse morale. L'acédie, c'est un mal de l'âme qui s'exprime par l'ennui, l'éloignement de la prière, de la pénitence, de la lecture spirituelle. Son démon est Belphégor ;
l'orgueil (Superbia en latin) : attribution à ses propres mérites de qualités vues comme des dons de Dieu (intelligence, etc.). Son démon est Lucifer ;
la gourmandise (Gula en latin) : ce n'est pas tant la gourmandise au sens moderne qui est blâmable que la gloutonnerie, cette dernière impliquant davantage l'idée de démesure et d'aveuglement que le mot gourmandise. Par ailleurs, on constate que dans d'autres langues ce péché n'est pas désigné par un mot signifiant « gourmandise » (gluttony en anglais, par exemple) [2]. Son démon est Belzébuth ;
la luxure (Luxuria en latin) : plaisir sexuel recherché pour lui-même. Ce péché est appelé impureté dans le catéchisme de l'Église catholique.Son démon est Asmodée ;
l'avarice (Avaritia en latin) : accumulation des richesses recherchée pour elle-même. Son démon est Mammon ;
la colère (Ira en latin) : courte folie déjà pour les Anciens, entraînant parfois des actes regrettables. Son démon est Satan ;
l'envie (Invidia en latin) : la tristesse ressentie face à la possession par autrui d'un bien, et la volonté de se l'approprier par tout moyen et à tout prix (à ne pas confondre avec la jalousie). Son démon est Léviathan.
Les péchés capitaux sont des péchés de "tête" (capita), cela ne signifie pas qu'ils sont plus graves que d'autres, mais plutôt qu'ils sont à même d'en entraîner bien d'autres.
Les péchés capitaux/non-capitaux ne sont donc pas à confondre avec les péchés mortels/véniels, cette dernière distinction portant sur l'importance réelle du péché, sa capacité à nous couper ou non de l'amour et de Dieu.
Pour équilibrer, il existe sept vertus. Cependant, ces vertus ne correspondent pas à l'inverse des sept péchés capitaux.
Les vertus théologales (d'origine divine), que sont la foi, l'espérance et la charité, sont complétées par les vertus cardinales (d'origine humaine), que sont la justice, la prudence, la tempérance et la force (morale, c'est-à-dire le courage), et qui étaient déjà reconnues par les philosophes.